Au bois lacté

spectacle

Texte de Dylan Thomas

Mise en scène : Xavier Marchand

Composition musicale : Rumen Tsonev / Scénographie : Michel Jacquelin / Lumière : Marie Vincent / Son : Michel Zurcher / Costumes : Claire Salmon et Françoise Lefèvre

Avec : Hubertus Biermann, Axel Bogousslavsky, Jerry Di Giacomo, Catherine Morlot, Pascal Omhovère, Marie Pillet, Marc Susini, Christèle Tual
Production : Lanicolacheur (Marseille)
Coproduction 1999 : Théâtre Garonne (Toulouse), Théâtre Gérard Philipe de St-Denis CDN, Théâtre du Merlan Scène Nationale de Marseille, Théâtre Jean Lurçat Scène Nationale d’Aubusson.

Reprise 2002 : Système Friche Théâtre (Marseille), Théâtre des Salins Scène Nationale de Martigues, Théâtre National de Bretagne, Théâtre d’Ivry avec le soutien de l’ADAMI

Photographies : Pascal Maine et Michel Jacquelin

Under Milk Wood (Au Bois Lacté) est la dernière pièce de Dylan Thomas. Il en donna lecture lors de son dernier voyage aux Etats-Unis où il jouissait d’une formidable notoriété. Peu de temps après sa mort en 1953, la pièce fut éditée et 53000 exemplaires furent vendus la première année. Une version pour la radio fut enregistrée par la BBC en 1954 avec Richard Burton lisant la voix n°1. C’est en l’écoutant que m’est venu le désir de monter cette œuvre.

« Un divertissement surgit de l’obscurité de la ville où j’habite »

Dylan Thomas voulait écrire une pièce pour les habitants du village où il termina ses jours, Laugharne (Pays de Galle), qui « mêlent les jeux d’intelligence de l’Ulysse de Joyce et le lyrisme campagnard des villageois ». L’œuvre met en scène un bourg d’excentriques au bord de la folie, sur une journée, de la nuit à la nuit.

Deux voix narratives tout au long de la pièce vous conduisent par les rues, pénètrent les intérieurs, présentent et révèlent les personnages que l’on va entendre d’abord rêver, s’éveiller, puis s’acquitter de leurs tâches quotidiennes, selon les moments et les lieux du jour, assister à leurs amours, leurs querelles, leur ordinaire fait d’excentricités. Pas moins d’une soixantaine de personnages que Dylan Thomas croque à l’aune de son destructeur génie poétique, de sa verve comique, et de la compassion qu’il éprouve pour les modèles de sa composition.

Car il s’agit bien d’une composition à plusieurs niveaux, une variété de modes d’écriture faite de parties dramatiques, de narration, de dialogues ou de conversations, d’évocation lyriques, de poèmes et de chansons pour dépeindre l’ordinaire et le familier de ces existences.

Et si les thématiques principales qui affleurent sentent le sexe, l’amour et la mort, c’est de manière loufoque qu’il les aborde, et en fait les prétextes à une sorte de démonstration poétique et burlesque. La langue étant son noir miroir, il la cisèle à l’extrême, la surenchérit de métaphores, d’adjectifs qu’il invente, de systèmes d’assonance, entrelaçant sans cesse les genres littéraires afin d’obtenir cette étonnante partition vocale qui lui fait ajouter en sous-titre d’Under Milk Wood : « une pièce pour voix ».