Mandela (tel qu’en lui même)



Adaptation : Olivia Burton et Xavier Marchand
Mise en scène : Xavier Marchand
Distribution en cours : pièce pour 5 comédiens

Période de répétitions : Printemps 2021


INTENTION _ Xavier Marchand



Si l’on connaît la renommée de Nelson Mandela à partir des années 1980, on sait peu en revanche, et c’était mon cas, le cheminement qui l’a amené à purger une des peines d’emprisonnement les plus longues du XXème siècle pour cause d’engagement politique.

Les figures de l’engagement m’ont toujours intéressé. C’est le troisième travail que j’entreprends sur des personnalités qui ont, à leur corps défendant, éprouvé l’enfermement : Germaine Tillion pour ses activités de résistante et Ceija Stojka pour son appartenance à la communauté rom ont l’une et l’autre subi le régime concentrationnaire ; elles ont fait du témoignage un combat, tandis que Nelson Mandela, de l’intérieur de sa prison, a largement contribué, par le symbole qu’il est devenu, à faire tomber le régime de l’apartheid érigé par la communauté blanche d’Afrique du Sud.

Leurs vies et leurs parcours sont édifiants. Les luttes qu’il et elles ont menées sont des sources de réflexions pour lire notre actualité, dans un temps où les nationalismes à nouveau s’exacerbent, où l’Autre, le non semblable, est vu ou instrumentalisé comme une menace et un danger.

En fin de son autobiographie Nelson Mandela écrit : « Ce n’est que lorsque j’ai appris que la liberté de mon enfance était une illusion que j’ai commencé à avoir
faim d’elle.

J’ai vu qu’il n’y avait pas que ma liberté à être réduite, il y avait aussi celle de tous ceux qui me ressemblaient. C’est ce désir de liberté pour mon peuple qui a transformé un jeune homme effrayé en quelqu’un d’audacieux, qui a conduit cet avocat respectueux des lois en un criminel, qui a transformé un mari aimant sa famille en errant, qui a obligé un homme amoureux de la vie à vivre en moine.

C’est au cours de ces longues années solitaires que la faim de liberté pour mon peuple est devenu une faim de liberté pour tous, Blancs et Noirs. Je savais que l’oppresseur doit être libéré tout comme l’oppressé.

Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, il est enfermé derrière les barreaux des préjugés et de l’étroitesse d’esprit. L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité. Quand j’ai franchi les portes de la prison, telle était ma mission : libérer à la fois l’opprimé et l’oppresseur. »

Ou encore, comme retour sur lui même :
« La cellule est un lieu parfait pour apprendre et pour étudier en permanence le fonctionnement de son esprit et de ses émotions. »

Tel est le constat que fait Mandela de ces années d’emprisonnement ; vingt-sept années de lutte, de réflexions et de détermination qui l’ont amené à une remarquable évolution, au destin et à la légende que l’on connaît.